J’imagine que c’est lui ou sa grand-mère qui a dû lui expliquer le fonctionnement de la république et qu’il voulait être président. Sur la photo de famille au Louvre, cette petite fille fière et heureuse, serrée contre le nouveau président était touchante. C’était fait, le mari de mamie était le président de la république française. Photo de famille léchée mais transgressive par la jeunesse du président et cette 1ere dame grand-mère. Il était stressé pendant cette longue randonnée qui durait sur les pavés du Louvre (son chauffeur n’a visiblement pas trouvé l’endroit adéquat pour le déposer, plaisante Saule), on espère qu’il pourra tenir ses promesses et le choc face aux ambitions déçues des vieux briscards et des jeunes loups. Parce que même si tous les engagements peuvent ne pas plaire, on a tous envie d’aller de l’avant, de changer, de bouger et de profiter de son jeune enthousiasme.

PS : heureusement que cet affreux melenchoniste d’avaleur de steak ne peut voter… gnarf !

Granville, Jersey

C’est un moment délicieux que de profiter du premier soleil du matin, chant d’oiseaux, livre à la main, une théière et un mug fumant posés sur le rebord en pierre du balcon. Je tourne les pages du Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates de Mary Ann Schaffer et me voici de nouveau au temps des vacances. J’ai beaucoup aimé la ville haute de Granville avec ses maisons de granit, les couleurs acidulées vert et bleu de la mer et les remparts où poussaient des giroflées sauvages. Le lieu était calme, le ciel sillonné par quelques goélands. De Granville nous avons passé une journée à Jersey : Saint-Hélier la capitale et l’après-midi un tour de l’île en car avec une conductrice-guide qui nous a fait partager son amour pour son pays et ponctuait toutes ses phrases en français par un pittoresque « you know ». Plus près du mont Saint Michel, nous avons randonné sur les falaises de Champeaux, les genêts en fleur avaient un parfum de coco, les sables brillaient de tout un camaïeu de beige et d’ocre, et au loin, posés comme des miracles, l’abbaye au toit pointu et les marcheurs de la baie.

Repos

Je me suis réveillée triste, usée, ratée, déprimée, vide, sombre. Depuis une semaine je me ratatinais en quintes de toux et en pensées maussades, ma voix était devenue rauque, mon cerveau laid et je tirais un peu trop sur la corde. Alors ce matin je me suis mise en arrêt, j’ai envoyé un mail à la principale pour lui signifier mon congé. Ras la boulette, ras la casquette. Un jour d’oubli, sans véritable temporalité : cela fait un bien infini, cela met du baume en coeur, ça regonfle sans que l’on sache exactement pourquoi et j’en avais besoin. Cette journée sera comme le parfum d’une rose, fugace mais précieux.

Un bon moment

J’ai poussé la porte d’une petite épicerie orientale et me suis retrouvée au milieu de quelques habitués. Une collègue très sympa m’avait proposé de nous retrouver pour un atelier massage : 15 minutes de massage assis, un thé et une pâtisserie dans cette boutique qu’elle fréquente régulièrement. Mon amie a eu un empêchement de dernière minute alors j’y suis allée toute seule. La propriétaire Belinda me met tout de suite à l’aise, m’installe sur une table microscopique que nous partageons à quatre. Un thé turc, noir, à la Bergamote et un gâteau sablé, parfumé à la fleur d’oranger et fourré à la noix. J’observe les rayons, les vins, les huiles parfumées, le raki puis la conversation s’engage, roule doucement, s’arrête, on peut alors de nouveau paisiblement observer la rue par la fenêtre. Le massage assis est super, fait avec cœur et intention par une femme costaude qui tient un restaurant russe mais veut devenir masseuse énergétique. J’apprends que les propriétaires forment un couple turc et arménien. Je suis repartie adoucie et revigorée avec plein de bonnes choses dans mon cabas me rappelant tout à coup combien l’attente est heureuse et facilement partagée quand nous laissons éteints nos téléphones portables.

Voteuse compulsive

« Mais tu es une voteuse compulsive » m’a dit Saule lorsque je me suis habillée pour sortir et aller voter aux primaires de la gauche. C’est vrai que je ne rate aucune élection.

Ce n’était pas la joie et il n’y avait ni foule, ni espoir dans la salle polyvalente de l’école Jules Ferry où de braves bénévoles tenaient le bureau de vote.

« Vous n’êtes pas sur nos listes » me dit la dame, « Pourtant, c’est bien le bon bureau »

« Allez faites un effort, lui ai-je rétorqué, ils m’ont bien trouvée à la primaire de la droite ! »

Elle a souri et m’a ajoutée à la liste.

Dans cinq minutes les résultats, je m’attends au pire.

Et une de plus!

Je me dépêche de fermer les portes de la maison 2016 avant de mettre le cap sur la montagne. C’est un peu en avance, certes, mais comme je ne repasserai pas par là avant le nouvel an, je vous souhaite une très belle et heureuse année 2017 : santé, joie, découvertes, plaisirs et plein de bisous !!!

Sur un air d’autrement

Vendredi soir, le collège fêtait Noël. M. Mati professeur de SVT avait réussi à transformer notre salle des profs étriquée en un joli bijou : nappe en papier rouge, neige artificielle, bougies, lumières tamisées, assiettes argentées. C’était vraiment une surprise agréable. Les collègues étaient détendus et après deux ou trois petits verres de blanc ou de rouge, un rhum trafiqué, nous avons bien rigolé en écoutant « Boys don’t cry » et « 99 luftballons ». Le temps de cette brève soirée j’ai pu découvrir que certains de mes collègues pouvaient être aussi drôles ou attachants. J’ai même eu envie de fumer une cigarette. Trente ans que je n’avais pas fumé (je n’ai jamais vraiment été fumeuse), la première bouffée m’a mise les jambes en coton. Assise sur le banc dans la cour, à écouter la principale qui se foutait un peu de ma gueule et qui a allumé sa cigarette avec la mienne comme si on était en colo. Lorsque tout le monde est rentré de sa pause cigarette, je suis restée seule au milieu de la cour et j’ai regardé les étoiles, le faisceau de la Tour Eiffel. J’étais bien, tranquille même si le froid m’enveloppait insidieusement. J’ai découpé dans la nuit ce doux moment.

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