hold up

Le prof d’EPS de manga girl demande à ses élèves de seconde de ne pas porter n’importe quelles « tatanes » pour faire sport. Mais qu’est-ce que des « tatanes » ? s’écrient 36 ados perplexes. D’évidence, nous ne parlons plus le même argot : quand j’emploie le mot « musicos » Manga girl me demande si c’est une combinaison entre un musicien et un tacos.

Sinon il pleut et nous avons frôlé la dépression la semaine dernière surtout un après-midi particulièrement glauque et humide. On est passés de 26° à 22° dans l’appartement en 15 jours. Bref, on se demande s’il ne faudra pas allumer le chauffage dans trois jours. Je veux du SUD, du 28°, des robes, de la socca, du pastis, la plage et la mer. Rendez-moi l’été !!!

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Clap de fin

Le hic des vacances, c’est le retour. On a vu de très beaux paysages, entendu des langues et des accents différents, conduit sur de longues routes désertes, on a revu la mer, on s’est baignés dans les eaux charmantes et puis c’est le retour. Amer forcément. Heureusement un ticket de métro nous ramène à un autre lieu de villégiature : Paris.      Ô Paris, mon amour, mon petit métro chéri. Le musée Picasso désert, la magnifique exposition autour d’Olga Picasso, le jardin du musée tout de roses vêtu. Et puis nous n’avons pas résisté avec Beb (guide émérite des bonnes adresses parisiennes) à  une assiette découverte six boules chez « une glace à Paris ». Amitié et sucré : de quoi nous rabibocher avec la rentrée !

J’imagine que c’est lui ou sa grand-mère qui a dû lui expliquer le fonctionnement de la république et qu’il voulait être président. Sur la photo de famille au Louvre, cette petite fille fière et heureuse, serrée contre le nouveau président était touchante. C’était fait, le mari de mamie était le président de la république française. Photo de famille léchée mais transgressive par la jeunesse du président et cette 1ere dame grand-mère. Il était stressé pendant cette longue randonnée qui durait sur les pavés du Louvre (son chauffeur n’a visiblement pas trouvé l’endroit adéquat pour le déposer, plaisante Saule), on espère qu’il pourra tenir ses promesses et le choc face aux ambitions déçues des vieux briscards et des jeunes loups. Parce que même si tous les engagements peuvent ne pas plaire, on a tous envie d’aller de l’avant, de changer, de bouger et de profiter de son jeune enthousiasme.

PS : heureusement que cet affreux melenchoniste d’avaleur de steak ne peut voter… gnarf !

Granville, Jersey

C’est un moment délicieux que de profiter du premier soleil du matin, chant d’oiseaux, livre à la main, une théière et un mug fumant posés sur le rebord en pierre du balcon. Je tourne les pages du Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates de Mary Ann Schaffer et me voici de nouveau au temps des vacances. J’ai beaucoup aimé la ville haute de Granville avec ses maisons de granit, les couleurs acidulées vert et bleu de la mer et les remparts où poussaient des giroflées sauvages. Le lieu était calme, le ciel sillonné par quelques goélands. De Granville nous avons passé une journée à Jersey : Saint-Hélier la capitale et l’après-midi un tour de l’île en car avec une conductrice-guide qui nous a fait partager son amour pour son pays et ponctuait toutes ses phrases en français par un pittoresque « you know ». Plus près du mont Saint Michel, nous avons randonné sur les falaises de Champeaux, les genêts en fleur avaient un parfum de coco, les sables brillaient de tout un camaïeu de beige et d’ocre, et au loin, posés comme des miracles, l’abbaye au toit pointu et les marcheurs de la baie.

Repos

Je me suis réveillée triste, usée, ratée, déprimée, vide, sombre. Depuis une semaine je me ratatinais en quintes de toux et en pensées maussades, ma voix était devenue rauque, mon cerveau laid et je tirais un peu trop sur la corde. Alors ce matin je me suis mise en arrêt, j’ai envoyé un mail à la principale pour lui signifier mon congé. Ras la boulette, ras la casquette. Un jour d’oubli, sans véritable temporalité : cela fait un bien infini, cela met du baume en coeur, ça regonfle sans que l’on sache exactement pourquoi et j’en avais besoin. Cette journée sera comme le parfum d’une rose, fugace mais précieux.

Un bon moment

J’ai poussé la porte d’une petite épicerie orientale et me suis retrouvée au milieu de quelques habitués. Une collègue très sympa m’avait proposé de nous retrouver pour un atelier massage : 15 minutes de massage assis, un thé et une pâtisserie dans cette boutique qu’elle fréquente régulièrement. Mon amie a eu un empêchement de dernière minute alors j’y suis allée toute seule. La propriétaire Belinda me met tout de suite à l’aise, m’installe sur une table microscopique que nous partageons à quatre. Un thé turc, noir, à la Bergamote et un gâteau sablé, parfumé à la fleur d’oranger et fourré à la noix. J’observe les rayons, les vins, les huiles parfumées, le raki puis la conversation s’engage, roule doucement, s’arrête, on peut alors de nouveau paisiblement observer la rue par la fenêtre. Le massage assis est super, fait avec cœur et intention par une femme costaude qui tient un restaurant russe mais veut devenir masseuse énergétique. J’apprends que les propriétaires forment un couple turc et arménien. Je suis repartie adoucie et revigorée avec plein de bonnes choses dans mon cabas me rappelant tout à coup combien l’attente est heureuse et facilement partagée quand nous laissons éteints nos téléphones portables.

Voteuse compulsive

« Mais tu es une voteuse compulsive » m’a dit Saule lorsque je me suis habillée pour sortir et aller voter aux primaires de la gauche. C’est vrai que je ne rate aucune élection.

Ce n’était pas la joie et il n’y avait ni foule, ni espoir dans la salle polyvalente de l’école Jules Ferry où de braves bénévoles tenaient le bureau de vote.

« Vous n’êtes pas sur nos listes » me dit la dame, « Pourtant, c’est bien le bon bureau »

« Allez faites un effort, lui ai-je rétorqué, ils m’ont bien trouvée à la primaire de la droite ! »

Elle a souri et m’a ajoutée à la liste.

Dans cinq minutes les résultats, je m’attends au pire.

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