renouveau

Quand on arrive dans un champ laissé quelque temps à l’abandon, on ne sait pas très bien par où commencer. Je regarde donc l’état dans un premier temps, celui d’une friche dont il m’est difficile de comprendre les tenants et les aboutissants. Je n’ai plus envie de beaucoup de choses. Après quelques séances soutenues pour essayer de me préparer à l’agrégation interne, j’ai renoncé. Pas envie de m’imposer du travail après le travail sans aucune certitude d’arriver à quoi que ce soit. Travailloter ne m’intéresse pas vraiment quant à s’infliger de longues heures d’études, j’ai trop connu cette violence. Ecrire, c’est sûr, si j’avais l’imagination d’une romancière, cela me ferait plaisir mais je n’ai aucun don pour l’intrigue, je ponds de misérables avortons. Il me reste donc la consommation des divertissements : lectures, téléfilms, émissions idiotes, cinéma, radio, expositions, concerts; le sport, piscine, marche nordique. Heureusement je travaille et ne suis pas du tout prête pour la retraite. Et puis un un sentiment de honte, de culpabilité, pourquoi chercher tant autre chose alors que d’autres donneraient cher pour avoir la santé, une vie tranquille à l’abri du besoin et des violences. Les changements de métiers m’ont toujours apporté une dose d’oxygène salutaire, une diversion, un projet. Ils se sont posé comme des nécessités et pas vraiment comme des choix. Je ne ressens pas de nécessité mais je commence à m’ennuyer.

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