Repos

Je me suis réveillée triste, usée, ratée, déprimée, vide, sombre. Depuis une semaine je me ratatinais en quintes de toux et en pensées maussades, ma voix était devenue rauque, mon cerveau laid et je tirais un peu trop sur la corde. Alors ce matin je me suis mise en arrêt, j’ai envoyé un mail à la principale pour lui signifier mon congé. Ras la boulette, ras la casquette. Un jour d’oubli, sans véritable temporalité : cela fait un bien infini, cela met du baume en coeur, ça regonfle sans que l’on sache exactement pourquoi et j’en avais besoin. Cette journée sera comme le parfum d’une rose, fugace mais précieux.

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Un bon moment

J’ai poussé la porte d’une petite épicerie orientale et me suis retrouvée au milieu de quelques habitués. Une collègue très sympa m’avait proposé de nous retrouver pour un atelier massage : 15 minutes de massage assis, un thé et une pâtisserie dans cette boutique qu’elle fréquente régulièrement. Mon amie a eu un empêchement de dernière minute alors j’y suis allée toute seule. La propriétaire Belinda me met tout de suite à l’aise, m’installe sur une table microscopique que nous partageons à quatre. Un thé turc, noir, à la Bergamote et un gâteau sablé, parfumé à la fleur d’oranger et fourré à la noix. J’observe les rayons, les vins, les huiles parfumées, le raki puis la conversation s’engage, roule doucement, s’arrête, on peut alors de nouveau paisiblement observer la rue par la fenêtre. Le massage assis est super, fait avec cœur et intention par une femme costaude qui tient un restaurant russe mais veut devenir masseuse énergétique. J’apprends que les propriétaires forment un couple turc et arménien. Je suis repartie adoucie et revigorée avec plein de bonnes choses dans mon cabas me rappelant tout à coup combien l’attente est heureuse et facilement partagée quand nous laissons éteints nos téléphones portables.