Pensées noires

Ce matin nous nous sommes réveillés Saule et moi avec une idée partagée : la solubilité de notre monde. Dans cette grosse machine malade, les hommes ont bien du mal à réinventer une histoire partagée. Les peuples tristes confient le pouvoir à des hommes autoritaires et menteurs. Ainsi le lit disparaîtrait, la maison, la ville et peut-être le pays et d’autres avec. Il faudrait tout cela pour que la machine se reprogramme et offre enfin un futur à ceux qui resteraient.

Après ces pessimistes pensées, j’ai pris mon bâton de pèlerin et suis allée voter papy contre le brun à gros sourcils. Dimanche dernier, nous avions déjà éliminé l’excité de service sans penser que la droite allait se trouver un leader encore pire. Décidément le destin n’est vraiment pas rose.

Silence

J’aime l’épaisseur noire du silence, sa couleur ronde, cette absence qui nous entoure. Le silence de la promenade, le silence du retour. J’aimerais habiter le silence moucheté jusqu’à plus soif, m’étendre, m’y oublier. Parfois, je le sens qui me saisit et m’emporte. Désert des mots, vaste immensité.

Toujours le sud

Quelques pincées du présent.

Un petit tour à Nice.

Se baigner dans les eaux fraîches et limpides de la petite plage de Villefranche.

Les bougainvillées orange, mauves, incarnats ; les liserons bleus et violets.

Premiers citrons ; premières oranges encore vertes.

Sur la terrasse écouter à 19 h la chorale des cloches des églises du vieux Nice. Déguster la socca, la pissaladière accompagnées d’un verre de rosé. Lentement, sans rien faire d’autre que regarder.

Les toits du vieux Nice, imbroglio de tuiles, d’ajouts biscornus, d’antennes dressées en tout sens. Le couple qui mange sous sa verrière, les collines gris bleu piquées de taches de lumière orange.