Comment dégonfler ?

Le médecin m’a dit : « vous êtes peut-être un peu allergique au gluten ?»

Mais je lui ai répondu avoir déjà procédé trois jours à l’éviction du gluten sans résultat probant et donc avoir illico renoué avec la baguette croustillante au petit déjeuner, les pâtes à la sauce tomate, le sandwich vite-fait, le chausson aux pommes et tous les délices à base de farine de blé.

Elle m’a suggéré alors : « Peut-être êtes-vous intolérante au lactose ? »

Eliminer le lait, je veux bien. Eliminer les yaourts, je veux bien. Mais le fromage, le fromage !!!! vacherin, chèvre, tomme, brie, roquefort… est-ce que ça existe avec du lait d’amande, de soja ou de coco ? C’est juste a priori pas possible. J’essaierai une semaine pour me prouver  que je ne suis pas allergique mais j’attendrai mon retour de vacances parce que passer quelques jours en Normandie en se privant de fromage, c’est juste inconcevable.

 

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Emportez-moi

Depuis quelques semaines, je n’arrive plus à lire grand-chose. Ce n’est pas grave, cela va passer mais c’est agaçant. Rien ne me colle plus aux yeux, ça se détache, je lis de l’eau, les auteurs n’ont plus de couleurs à leurs voix, je n’entends plus, c’est tout blanc.

J’ai juste relu La nuit remue d’Henri Michaux. Pourquoi un texte vous touche davantage à un moment qu’à un autre ? J’ai préparé chez moi  la lecture à haute voix d’une sélection de poèmes pour mes élèves et arrivée presqu’à la fin du recueil, l’émotion m’a saisie lorsque j’ai prononcé celui-ci :

 

Emportez-moi

Emportez-moi dans une caravelle,
Dans une vieille et douce caravelle,
Dans l’étrave, ou si l’on veut, dans l’écume,
Et perdez-moi, au loin, au loin.

Dans l’attelage d’un autre âge.
Dans le velours trompeur de la neige.
Dans l’haleine de quelques chiens réunis.
Dans la troupe exténuée des feuilles mortes.

Emportez-moi sans me briser, dans les baisers,
Dans les poitrines qui se soulèvent et respirent,
Sur les tapis des paumes et leur sourire,
Dans les corridors des os longs et des articulations.

Emportez-moi, ou plutôt enfouissez-moi.

Mon petit bonheur du jour

C’est d’entendre et de voir les déchaînements de la pluie et du vent tout en étant douillettement allongée sur mon canapé, bien au chaud.

Une organisation à la française

Les élèves et les parents du lycée se mobilisent pour améliorer la sécurité de l’établissement. Les deux militaires sont restés deux jours et puis sont repartis.

Plusieurs constats : les élèves ne savent pas ce qu’ils doivent faire parce que les consignes crachotées par trois hauts parleurs vétustes se transforment en borborygmes à la mode Jacques Tati. En fait les élèves ont pris connaissance des trois alertes à la bombe grâce aux alertes news des chaines d’info de leur portable. Ils ont souligné le caractère comique et mensonger du communiqué du rectorat affirmant que les élèves avaient parfaitement réagi aux consignes données en situation de crise.

Autre constat : en dehors de se rassembler dans la cour ou de rester en classe, il n’y a pas d’autres alternatives. Des exercices d’évacuation pour quitter rapidement l’établissement ne sont pas envisagés car il faudrait sécuriser les rues attenantes et que c’est trop compliqué. Enfin la bonne nouvelle, c’est que la Conseillère Principale d’Education aura une formation en mars pour gérer ces situations de crise. C’est déjà bien que cette formation ait lieu en mars 2016 et pas en mars 2017 soulignait gentiment le papa d’Avaleur de steak.