Aujourd’hui le ciel est noir

Quelle affreuse soirée! Comprendre que des tueurs sont dans la rue et abattent des gens au fur et à mesure de leur passage. Savoir que tout cela dure et on ne sait pas jusqu’à quand. On ressent une peine immense pour ceux qui ont vécu cette épreuve, pour ceux qui ont eu peur, se sont fait tirer dessus, ont vu des proches mourir On a peur pour nos enfants même si on va continuer à vivre, même si rien ne va changer dans notre quotidien : prendre le métro, aller dans les musées, les cinémas, les magasins. Demain il y aura de nouveau une minute de silence dans les établissements scolaires. Cette minute de silence me rappelle trop la précédente. Demain je me réjouis de retrouver mon collège de banlieue. Je me réjouis de retrouver à 11h ma classe de 3ème bigarrée. Comment mieux leur parler du vivre ensemble ? Beaucoup de jeunes gens sont tombés vendredi soir parce qu’ils aimaient prendre un verre au terrasse, croquer un morceau avec des amis, écouter de la musique alors demain je lirai à mes élèves un hymne à la vie, à la jeunesse, à l’amour : « On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans Et qu’on a des tilleuls verts sur la promenade ».

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exclusion-inclusion

Nous avons rencontré la mère de M, élève de 6ème, qui se prostrait dès qu’un enseignant lui mettait une remarque dans son carnet.

M est un vilain petit canard. M dit des mensonges à l’école puis au collège. Non, M. ne reçoit pas de coups, juste des gifles. M ne fait rien alors que sa mère fait tout pour lui. M va retourner au bled pendant les vacances. C’est à cause de M qu’ils ont été convoqués au tribunal de Nanterre. C’est à cause de M, pour qu’il ait une présence masculine, que sa mère vit de nouveau avec un homme dont elle a divorcé pour violences conjugales. M est responsable de son malheur, M lui gâche la vie.

D’ailleurs personne ne la respecte, ni l’école qui lui demandait de venir chercher son fils ingérable, ni le médecin scolaire qui a pris le droit de regarder le corps de M, ni l’assistance sociale qui a fini par saisir le juge car la mère ne répondait pas à ses demandes de rendez-vous, ni ceux qui ont dit à son fils qu’il avait des droits.

M vit avec un père violent et une mère qui ne l’aime pas. On le menace en permanence de le renvoyer au bled sans jamais le faire. On lui promet une extraordinaire récompense « aller en Espagne et avoir un maillot signé par un grand joueur de foot ». Promesse cruelle à laquelle il croit et dont il sera privé par sa faute, son éternelle faute.

A la fin d’une heure trente de rendez-vous, nous étions, l’assistante sociale du collège et moi, épuisées et migraineuses parce qu’en plus elle criait. Finalement on a trouvé que M allait plutôt bien compte tenu de ce qui se passait autour de lui et on a essayé de trouver les meilleures solutions possibles.

Pendant ce rendez-vous, M se battait dans la cour avec un autre élève. Le collège n’avait pas d’autre choix que de prononcer un jour d’exclusion. Mais compte-tenu des circonstances la principale a mis en place le concept « d’exclusion-inclusion ». M est exclu du collège mais inclus dans le collège.

Non, nous ne naissons pas tous égaux.

L’affaire « collectif »

Sachant que Manga girl s’occupe du collectif (débarrassage de la table) les jours impairs et Avaleur de steak les jours pairs et qu’il y a sur 12 mois de l’année 7 mois contenant plus de jours impairs que de jours pairs, Manga girl a demandé réparation du préjudice subi. Ainsi, la famille décida qu’Avaleur de steak débarrasserait la table certains 1ers du mois. MAIS, car il y a un mais à toute chose… ce couard avait profité de la négociation en sa faveur, et il ne s’occupait que de 3 des mois impairs, alors que Manga girl devait en faire 4, d’autant plus qu’elle s’occupait aussi du 29 février (!!). S’étant aperçue de la supercherie, celle-ci demanda justice et il fut décidé, après d’âpres discussions, que le coupable se devrait de faire la tâche un quatrième mois un an sur deux, avec comme dommages et intérêts de devoir s’occuper du mystérieux et maléfique 29 février.

Ainsi fut donc réglée l’affaire « collectif », dont on ne reparla plus.

Jusqu’au jour prochain…  

Billet rédigé avec la participation intensive de Manga girl :

« La justice ménagère se doit d’être effectuée dans les règles les plus correctes et les plus justes, sans favoriser quiconque ; c’est pourquoi nous avons besoin de lois rédigées dans le respect et la parfaititude absolue et carrée. »

Mangagirl

Quand je vous disais que c’était une mangagirl!

HatsuneMiku02