Le bac français

Ce n’est pas possible de ne pas garder un instantané enfin plutôt un panoramique du bac français, de « l’épreuve » du bac français. Cela a commencé par de l’espoir : pas de nouvelles de la professeure de français au second trimestre, donc bonnes nouvelles. Un 9/20 au bac blanc à l’écrit, un frémissement de progrès. On a cru que les choses se mettaient en route. Et puis patatras, mois de mai, le joli mois de mai, message de la professeure de français « merci de me contacter au plus vite ».
Il ne vous a rien dit ? Non il ne m’a rien dit. Avaleur de steak dort et mange comme si de rien n’était. Il ne m’a pas rendu de copie. J’ai vécu cela comme une agression. Il a failli partir de la classe sans rien me dire et sans me rendre sa copie. Mais je m’étais mise derrière lui, je l’ai observé pendant toute l’épreuve. Il regardait le plafond, il regardait les autres élèves en se demandant ce qu’ils pouvaient bien écrire et puis à la sonnerie il s’est levé et il s’est dirigé vers la porte. Je l’ai apostrophé. Et bien Avaleur de steak, votre copie ? Je n’ai rien écrit, Madame. Pourquoi ? Je n’ai rien à dire. Alors pour ne pas perdre la face, j’ai dit aux autres élèves « Au moins, une copie qui sera rapide à corriger » et il est parti. En 25 ans au lycée Louis-le-Grand, je n’ai jamais vu ça.
Bon, ben on n’était pas dans la mouise. Rendez-vous au lycée : père, mère, fils et professeur. Avaleur de steak avec des yeux de Bambi, larmes dans la voix : « arrêtez de me torturer ». Père et mère, super pas à l’aise. Professeur super pas content qui essaie de ne pas trop le montrer mais qui le montre quand même. Ambiance Radeau de la méduse.
Du coup, le soir en rentrant, j’ai tapé sur internet « Au secours ! » et le site « Superprof » s’est affiché. Arriva donc « super prof » sous la forme d’un ex khâgneux d’Henri IV. Après le premier cours, « superprof » nous indiqua que ce serait bien qu’avaleur de steak trie pour retrouver ses cours afin de préparer l’oral. L’intéressé a réussi à exhumer 3 feuilles de sa pochette magique mais on a vite compris que la planche de salut serait ses camarades. Effectivement « compatissante déléguée de classe » lui donnait le lendemain ses 300 feuilles de cours recto verso. Ne restait plus qu’à les lire et à faire des fiches sur les différents textes de sa liste 5 jours avant l’oral. Quand avaleur de steak est venu me demander, en reniflant, « mais comment on fait une fiche ? » j’ai cessé toute option de communication non violente et la fumée est sortie de mes naseaux. Donc il est allé taper sur un moteur de recherche : « comment faire une fiche de français » alors que je me disais que c’était juste surréaliste.
Mais, mais… après une ultime engueulade, il s’est mis à travailler, cinq jours de 9h à 22h, pour faire une fiche sur chacun de ses textes. De toute façon, on avait jeté l’éponge.
16/20 à l’oral, 8/20 à l’écrit, il s’en tire bien, le souriceau.

coquillages et crustacées

On largue les amarres :
– du collège et de ses histoires entre collègues tout autant venimeuses qu’inintéressantes.
– du bac français
– des courriers administratifs et des factures
– des préparations pour l’année prochaine
– des derniers r-v médicaux, ceux qu’on a repoussés
– des derniers rv avec les copines
– des immeubles et des rues
– du bricolage ikea
Je le reconnais, ce petit blog prend l’eau. L’inspiration fuit mais je vais tenter un replay.