Ma voisine n’est plus

Je suis partie en vacances, ma voisine du dessus existait. A mon retour, elle n’est plus. Dans l’ascenseur, son mari a annoncé au mien son décès brutal et l’enterrement qui a suivi. J’ai appris qu’elle avait été incinérée en milieu de semaine. De ma voisine, il ne reste donc rien et la radicalité de sa disparition m’a plongée dans la perplexité. Parce que je me souviens d’elle. Parce qu’elle a existé dans ma mémoire sans être présente et que cette nouvelle ne suffisait pas pour qu’elle en disparaisse définitivement. Malgré tout, je continue à croiser son regard, je peux la voir marcher et faire résonner le timbre grave de sa voix.
Sa disparition est à la fois mystérieuse et triste car elle n’avait que 52 ans. C’était une très belle femme, élégante, impeccablement coiffée, habillée, maquillée, anesthésiste dans une clinique très huppée du XVIème arrondissement. Je la trouvais vraiment classe,un brin fascinante. Je ne l’ai pas vue malade. Il faut se faire à l’idée que je ne la croiserai plus.

Des nouvelles de la Creuse

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Les légendes son incomplètes… désolée, je ne maîtrise pas encore toute le technique.

Pantouflarde

Bon, les vacances approchent.
Demain, j’accompagne deux classes de quatrième au Palais de la découverte pour une sortie à la journée.
Au dernier contrôle de lecture sur Vipère au poing, j’avais posé la question « Que signifient les initiales V.F. ? » Deux élèves qui visiblement n’avaient pas lu le livre ont répondu Version Française au lieu de Vengeance Folcoche, cela m’a bien fait rire.
Mes articulations me chatouillent.
Je n’ai pas trop envie d’aller vendredi soir aux 50 ans de la femme du cousin de…, je suis vraiment pantouflarde pour ce qui est du ressort festif.
Dans ma besace, Les lettres de Mme de Sévigné, Neige de Printemps de Mishima que j’vais envie de relire, Rue des boutiques obscures (pas sûre de l’avoir terminé quand j’étais plus jeune), et probablement Andromaque parce qu’il faut que j’y réfléchisse. Dimanche, nous partons avec Mangagirl et mon père. Direction la Creuse.

Une femme formidable

J’ai un souvenir précis de son apparition. Nous étions au théâtre de Chaillot. Cela se passe bien il y a une vingtaine d’années. Il me semble que la pièce jouée était Maître Puntila et son valet Matti avec Marcel Maréchal et Pierre Arditi. Les spectateurs s’installent dans la salle. Il a dû se produire quelque chose pour que je me retourne et elle est apparue : longiligne, dans une grande robe bleue turquoise, cette forme tunique qu’elle porte assez souvent, souriante, magnifique ; lui un peu reculé derrière, à la fois amusé et habitué à ce que cela se passe toujours comme ça. Elle était magnétique et chaleureuse à la fois, comme si c’était une manière de nous saluer tous, de nous dire un bonjour affectueux. Elle, c’est Anny Duperey, et juste derrière, Bernard Giraudeau, ses yeux bleus, son regard charmeur, je crois qu’il était plus en vogue qu’elle à ce moment-là. Je me souviens de ma surprise, de mon étonnement qu’ils soient en couple, mais surtout, surtout de cette présence éclatante, lumineuse, confiante.

Les hommes et les femmes pressés

Vendredi. Arrivée à 18h30 à la station Saint-Lazare, j’ai été impressionnée par cette foule et les trajectoires individuelles. Trajectoires courbes ou droites, précises, juste arrêtées par celles des autres. Les gens pressés. Tout le monde semblait pressé. Rue de Rome, les hommes et les femmes avançaient sans regard. De part et d’autre, les magasins de musique, luthiers et partitions, puis à droite le grand vide de la gare et des voies ferrées. Une jeune femme a appuyé sur la pédale de son vélib pour traverser la rue, laissant voir les dessous courts qu’elle portait sous son jean. Sans un sourire, dans une évidence froide. Vendredi 18h45, j’arrive au théâtre Hébertot et j’y retrouve Célia, ma tutrice corse, collègue de français. C’est la quatrième fois qu’elle vient voir le Roi se meurt. Parce que Michel Bouquet. Parce qu’elle aime trop cet acteur et qu’elle ne peut s’empêcher de venir le voir chaque année. La pièce est très émouvante, j’avais oublié ce très beau texte de Ionesco.

Enseigner : un métier à risque

Avoir un TNI (tableau numérique interactif) comporte des risques. Ainsi Avaleur de steak me racontait les pérégrinations de sa professeur d’anglais pour leur montrer une image de la pierre de Rosette.

Comment elle a réussi à modifier le moteur de recherche de google pour arriver sur celui d’ebay, ça, les 39 élèves de première n’ont pas compris mais ils restent très admiratifs.  Ensuite, elle a cherché la pierre de Rosette sur  ebay. Comme elle ne trouvait pas, les élèves lui ont dit qu’elle était sur ebay et qu’il fallait retourner sur google. Alors elle a cherché google dans le moteur de recherche d’ebay, mais il n’a pas trouvé non plus. Donc ils lui ont dit de fermer le navigateur. Ce qu’elle a fait. Arrivée sur google, elle a tapé google dans google  pour être sûre d’arriver sur google. Puis elle a tapé goggle image dans google.

Arrivé à ce stade, je crois que les élèves étaient au top de leur forme et ne regrettaient pas leur journée : ils auraient enfin quelque chose d’intéressant à raconter à leurs parents à table.