Autobiographie

Je prépare une séquence pour mes 3ème qui me passionne et qui porte sur l’autobiographie. On pourrait passer tout un trimestre sur le sujet mais je me résous à sélectionner seulement cinq extraits de texte judicieusement choisis par les auteurs d’un manuel : Montaigne, Rousseau, Chateaubriand, Sartre, Sarraute et Hervé Bazin. Conclusion, j’ai commandé « un été avec Montaigne », livre tiré de  l’émission remarquable d’Antoine Compagnon qui m’avait aidée à mieux comprendre l’auteur. Je ne résisterai pas à leur lire des extraits. Enfance, de Nathalie Sarraute attend patiemment son tour de lecture, comme la Promesse de l’aube de Romain Gary. Je signale d’ailleurs trois émissions très intéressantes sur cet auteur à réécouter sur France Inter dans l’émission l’heure des rêveurs. Non, je démarre juste  la lecture des Mots  de Jean Paul Sartre, texte qui me paraît malheureusement trop difficile à lire pour des 3ème mais je ne résiste pas à citer un extrait, celui où le petit Jean-Paul sait enfin lire. J’aime tellement l’image qu’il donne de la lecture « ces voix séchées dans leurs petits herbiers ».

« J’étais fou de joie : à moi ces voix séchées dans leurs petits herbiers, ces voix que mon grand-père ranimait de son regard, qu’il entendait, que je n’entendais pas ! Je les écouterais, je m’emplirais de discours cérémonieux, je saurais tout. »

Pourtant les mots ne sont pas des voix.

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En boîte

J’ai mis quelques moments en boîte.

Quitter la plage des Sablettes dans l’eau vert jade. A reculons en dos crawlé, admirer la vieille ville de Menton, ces couleurs poudreuses, le ciel bleu piqué par un dôme doré. Faire la planche.

Les ongles corail qui fuient dans l’onde.

A 2000 mètres changement de paysage, la promenade des lacs à l’Alpe d’Huez. Peu de promeneurs, le temps est morose.  Les fleurs des montagnes sont magnifiques car dénuées de toute frivolité. Ces couleurs franches, qu’elles soient bleues, jaunes ou blanches. Comment devenir une fleur de montagne ? J’essaie de conserver leurs images pour les faire ressurgir, un jour, au besoin.

Là-haut, dans l’air pur, au son des ruisseaux et des torrents, je me suis sentie l’âme et le cœur lavés.

Retour

Les couloirs mécaniques de la station Châtelet. Paradoxalement, j’aime emprunter ces grands couloirs mécanisés, les mêmes se trouvent à Montparnasse. Quelque part il représente le destin. Il a dû m’arriver un jour de croiser une ancienne connaissance marchant en sens sens inverse.  Cette possibilité de s’entrevoir mais l’impossibilité de s’arrêter, de se parler. Quelque part c’est terrible et magique.

Bon tout ce fantasme pour rien car ils étaient en panne.

Enfin les mots de Romain Gary

« Le patriotisme, c’est l’amour des siens ; le nationalisme, c’est la haine des autres. »

et ceux de Marc-Aurèle

« La meilleure manière de se venger, c’est ne pas se rendre semblable à ceux qui t’ont fait mal »

parce que l’actualité ne peut que nous rendre triste.

Marcher les pieds nus.

L’année scolaire se termine. J’ai commencé à accrocher les wagons pour l’année prochaine en allant visiter mon futur collège et en préparant quelques séquences pour mes futures 4ème.  Je suis retournée dans mon ancienne école pour fêter le départ en retraite d’un ancien collègue. J’ai peine à croire qu’une année s’est seulement écoulée. Pourtant le cordon ombilical n’est pas encore vraiment coupé.

Cette dernière journée au collège m’a laissé un goût amer. La dernière réunion en séance plénière ressemblait étrangement à un tribunal d’inquisition pour la nouvelle principale. J’ai admiré l’art consommé de certains de mes collègues pour assassiner en douceur. En tout cas le torchon brûle et les grenouilles réclament un monarque éclairé. Le fiel et l’esprit de clan étaient sur les bouches. Ma tutrice électron libre, littéraire et bienveillant était écœurée. J’ai eu beaucoup de chance de l’avoir à mes côtés.

Dans mes bagages, Les mémoires d’Hadrien, le Cid, Claude Gueux. Je lève l’ancre pour une semaine.