Le collège unique?

J’aime bien l’idée cependant d’un collège unique. L’idée que tous resteraient jusqu’à l’âge de quatorze ans ensemble. Quatorze ans ce n’est pas vieux. L’idée que c’est là que se forgent une identité commune, une histoire que nous faisons ensemble avec nos propres histoires. On pourrait changer des choses, d’ailleurs ils changent toujours des choses mais étudier des textes de littérature jusqu’à la fin de la troisième ferait partie des impondérables. Si nous ne les faisons pas lire (malgré leurs gémissements) qui fera lire certains. Envie de les faire écrire aussi. Qu’ils sortent leurs tripes, même si c’est bancal ou tout petit. Je voudrais qu’ils pétrissent un peu de français, qu’ils touchent cette forme, qu’ils se frottent à leur pouvoir.

C’est vrai que certains sont largués, c’est vrai que les écarts sont énormes, c’est vrai surtout que je ne suis pas en ZEP. Certains soirs on a le droit d’être découragé ou de rêver d’élèves plus faciles.

 

Publicités

6 Commentaires (+ vous participez ?)

  1. mab
    Nov 02, 2013 @ 06:43:02

    Je crois que tes élèves ont de la chance de t’avoir.

    Réponse

  2. liliplume
    Nov 02, 2013 @ 14:32:38

    A certains tu apporteras, sans le savoir, beaucoup. Il faut se contenter de ça.

    Réponse

  3. BeB
    Nov 02, 2013 @ 16:30:17

    J’ai réécouté l’émission où Caroline Eliacheff est intervenue ce midi pour te retransmettre son propos sur l’école « pas assez bonne, notamment pour les garçons. Quand on parle de décrochage scolaire, c’est 95 % des garçons. Il y a un problème dont on ne parle jamais vraiment. (Aux USA, le problème est bien décrit et va jusqu’à l’université. Pas seulement le primaire. Les filles réussissent mieux). UNE des réponses données : la féminisation des enseignants, totale jusqu’au lycée. Dans les pays souvent cités comme réussissant mieux, tels la Finlande mais d’autres aussi, où devenir professeur est un métier très sélectif, très difficile, très bien payé, c’est un gage de la réussite pour les élèves. Que les enseignants soient de plus en plus des femmes aide les filles. Ce qui est valorisé à l’école, notamment la sagesse et la discipline mais aussi un certain nombre de valeurs, ne correspondent pas aux garçons. Ils n’arrivent pas à s’identifier à qui que ce soit puisque ce sont les femmes les détentrices du savoir. C’est pas génial pour eux… »
    Son interlocuteur, Dominique Souchier, en est resté quoi car il ne l’avait jamais entendue parler ainsi..

    Réponse

  4. BeB
    Nov 02, 2013 @ 17:01:37

    Même si l’on entend toujours parler de réflexion sur le collège unique et de concertation pour la refondation de l’École, au moins, toi, tu es animée d’ objectifs tout à fait définis et réalistes. Tes élèves doivent sentir- et sentiront – ta détermination.. Te diront-ils « bonne rentrée » comme ils t’ont dit « bonnes vacances » ? Je ne sais si cela se fait…

    Réponse

  5. le-gout-des-autres
    Nov 03, 2013 @ 06:45:16

    A regarder la vie scolaire qu’a vécue l’Ours et celle que je vois face à l’école primaire de Merveille, je me dis que le plus dur n’est pas d’enseigner mais d’empêcher que certains n’empêchent tous les autres de profiter de cet enseignement.
    Forcer des enfants à rester jusqu’à 16 ans ou plus sur les bancs d’une école qu’ils détestent n’a apparemment pour résultat que pourrir la vie des autres élèves et des enseignants.
    Plutôt qu’entasser une génération d’enfants sans distinction aucune, dans des classes dont les trente élèves seront mis dans l’impossibilté de suivre par la faute des deux qui ne supportent pas l’école, quelles qu’en soient les raisons, les « orienter » en fonction des préjugés de ceux chargés de l’orientation (Pereira fera un excellent carreleur, Gonzales un bon maçon, Tran van Tien un restaurateur et Goldstein un bon médecin ou avocat, Abdel lui, fera voyou avec Cissé et ne me dis pas « c’est pas vrai ! » je l’ai vu et entendu de certains profs, c’est mieux habillé mais c’est bien de ça qu’il s’agit), reconnaître que le collège unique est un échec serait un bon début. Il serait bon aussi que le monde de l’éducation ne fasse pas comme le monde politique, preuve d’une telle répugnance à se déjuger qu’il s’enferre dans son erreur au nom du « on a tant œuvré à l’avènement du collège unique qu’on ne peut décemment pas reconnaître que c’était une erreur ».

    Réponse

  6. BeB
    Nov 06, 2013 @ 14:19:00

    http://www.franceculture.fr/emission-rue-des-ecoles-au-bonheur-d-enseigner-2013-11-06 : dans cette émission – je ne sais si tu l’écoutes ; je n’ai pu écouter que les premières minutes -, l’un des professeurs Christophe Desmurger qui vient de publier un roman et a quinze ans de métier derrière lui, dit, au bout de quelques minutes de l’émission, que son plus grand plaisir dans ce métier est de voir fleurir les mots de ses élèves. Un écho à ce que tu écris…

    Réponse

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :