Se retourner

La vie tient à un fil.

Qu’est-ce qui peut clore le passé ? Pourquoi les mots sont venus et se sont accrochés à cette histoire. Pourquoi je l’ai déposée ici, en désordre, maintenant ? Et pour qui ?

Aucune de ces questions ne pourra trouver une réponse exacte. Tous ces moments épars que l’on m’a livrés, que je suis allée chercher. Rassembler le maximum de pièces. Raccommoder. Mettre les choses bout à bout. Essayer de retrouver une image. Ne pas tout perdre. Je n’ai pas toutes les réponses et il reste des choses à faire mais je dois clore le passé. Le silence va revenir.

Sans savoir

On écrit sans savoir ce que l’on écrit.

Il y a un an, j’écrivais sur le cahier vert ces deux petits textes, l’un après l’autre.

En filigrane

Dire par bribes

Pour que cela reste imperceptible

Ne pas tout ranger

Et que cela disparaisse

Enfin

Libre

Lorsque j’aurais tout dit

Lorsque la plume sera sèche

Est-ce que toutes nos peines auront disparu ?

Est-ce que je serai enfin vide ?

Libre, légère comme ceux ou celles que je croise dans la rue.

 

 

Le passeur

C’est par lui que tout commence.

C’est sur ce mot que les voix de ma grand-mère et de Berthe s’éteignent. Il n’a pas de nom.

Qui était-il ? Que s’est-il passé exactement ?

C’est par lui que tout commence car leur vie prend un autre chemin.

Je peux regarder le ciel bleu, les talons hauts et l’élégance. Je peux regarder l’argent et les jolies choses. Je peux regarder les voyages, les paroles sensées.  Mais au fond, un vide m’habite.

La vie

Il faut quitter la tristesse. La tristesse est mensongère. Un temps on pleure, et puis il y a la vie. Celle du temps qui court, du soleil et de la pluie, des enfants qui poussent, des idioties et des plaisirs. Faire du mieux qu’on peut.

Je ne peux pas tout à faire clore le passé car au moment où j’allais appuyer sur le bouton « publier » que les bloggueurs connaissent bien, le téléphone a sonné. Je me suis levée pour décrocher. C’était Berthe. J’ai rendez-vous demain avec avec elle à 15H au café de la mairie place Saint-Sulpice.

Publicités

3 Commentaires (+ vous participez ?)

  1. BeB
    Juil 19, 2013 @ 21:23:20

    Je reste pensive devant ton expression « clore le passé » . Je me demande s’il est possible de vouloir « en terminer » avec lui.
    Vouloir vivre avec moins de tourments : certainement. J’espère que c’est ce qui se passera pour toi, que ce passé apprivoisé, même s’il continue d’avoir des ramifications, se fera plus paisible et habitera une partie de ce vide dont tu nous parles.
    Ainsi as-tu pu dégager tout de même un peu de temps pour ce rv avec Berthe.. Le reportage TV me fait pressentir une rencontre agréable, en plus d’être positive sur le plan des informations qu’elle pourrait t’apporter..

    Cela me rappelle le livre d’Henri Rousso. Un passé qui ne passe pas… que je ne suis d’ailleurs pas sûre d’avoir lu…Le titre est installé dans ma tête.

    Réponse

  2. mab
    Juil 20, 2013 @ 06:04:30

    Clore le passé ne serait-ce pas se nier soi-même, le passé nous construit aussi.

    Réponse

  3. fauvette
    Juil 20, 2013 @ 13:02:45

    J’espère que cette rencontre va un peu t’apaiser.
    J’ai regardé le documentaire moi aussi, et j’ai été très émue.

    Et cela va même m’aider à poursuivre une quête personnelle en République tchèque même si les circonstances sont tout à fait différentes.

    Réponse

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :