Das Kind

Après la projection du film Das Kind dont m’avait parlé Beb, j’ai descendu cette avenue que l’on dit la plus belle du monde, Les Champs-Elysées. A 11h, en arrivant au cinéma le Balzac, je l’avais trouvée froide et insignifiante avec toutes ces boutiques. Il fallait se pencher sur la rue même pour voir enfin la perspective qui seule me semblait intéressante.

Le film était émouvant. Pour son histoire d’abord : cette femme Irma de 94 ans, née dans l’Empire austro-hongrois, qui raconte sa vie de Czernowitz à Paris, son travail dans la Résistance pour enrôler des officiers de la Wehrmacht, son engagement dans le communisme. Comprendre aussi comment la Roumanie a doublé de volume en 1918 après la chute de l’empire Austro-hongrois absorbant alors la Bessarabie russe, la Transylvanie hongroise et la Bucovine autrichienne. Emouvant aussi parce que son fils a voulu et organisé ce film et que sa petite fille joue à certains moments Irma jeune.

Irma est une force tranquille, mémoire sans faille et elle remplit d’espoir. Comme mon grand-père, elle parle couramment plusieurs langues : allemand, français, roumain, yiddish.

A l’occasion du film, elle retrouve Hans, un officier de la Wehrmacht qu’elle a fait basculer du côté de la Résistance. Ils ne s’étaient pas revus depuis 65 ans.

Regard ironique aussi, celui de s’imaginer retourner en Roumanie après la Libération et devenir alors l’actrice possible d’une dictature.

Ironique encore, car elle rit de la jeune bourgeoise concertiste qu’elle était s’engageant par idéal dans le communisme mais épousant pour la plus grande satisfaction de ses parents un bon parti, communiste certes, mais pas prolétaire. Insouciance des risques pris dans la Résistance.

A l’image de cette histoire fragile, son fils l’interroge et la regarde comme une poupée de cristal.  Revenir à Czernowitz, se recueillir dans la forêt si belle.

A la fin du film, il y avait des « snif » dans la salle, les uns et les autres essuyant une larme. La salle était pleine, c’était la dernière projection.

Descendre les Champs-Elysées paraissait alors une évidence et j’ai compris alors pourquoi cette avenue était exceptionnelle. Une foule heureuse, où s’égrenaient toutes les langues du monde, s’y promenait, appareil photo à la main. Il faisait bon, le soleil était revenu, tous les magasins ouverts. J’ai fait une pause chez Mark et spencer pour acheter des scones et des crumpy. A la Concorde, de nombreux cars de CRS stationnaient, un hélicoptère tournait dans le ciel, de nombreux policiers étaient disposés un peu partout comme si plusieurs histoires se superposaient en même temps. J’ai trouvé une chaise longue autour du grand bassin des Tuileries. Assise là, en plein milieu de cette ville que j’aime tant, entourée d’étrangers qui s’y reposaient, je me suis sentie bien et j’ai fermé les yeux.

 

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2 Commentaires (+ vous participez ?)

  1. BeB
    Mai 26, 2013 @ 21:31:54

    dernière nouvelle : le documentaire L’Enfant continue au Balzac les dimanches 2, 9, 16, 23 et 30 Juin à 11h.
    NB On peut revoir certains passages du film cf. youtube Das kind…
    Je comprends que tu te soies posée aux Tuileries après cette plongée dans l’histoire passée européenne et le côtoiement de tous ces visiteurs venus du monde entier. Dans quel tournis as-tu été entraînée ! Rien de mieux qu’une chaise-longue…

    Réponse

  2. liliplume
    Mai 27, 2013 @ 19:08:45

    deux périodes qui se superposent

    Réponse

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