Retour

Sur le chemin, en revenant, je me suis dit qu’un soir arriverait où je rentrerais dans la chaleur. Un soir, vers vingt heures, le long de cette grande avenue. Le plaisir de ne plus avoir froid, de laisser la peau nue  se reposer pleinement dans l’air. Ce serait probablement au moment où les tilleuls sont en fleurs. Dans cette grande avenue assez laide sont plantés des tilleuls. On ne s’en rend pas compte. Mais pendant quelques soirées, pendant quelques journées, l’air s’emplit de leur odeur douce et sucrée. Je me souviens de ce retour l’année dernière, ce même chemin fait à la même heure, le même jour après la même activité. Et pour une fois, unique dans l’année (il n’y aura pas d’autre semaine), ce parfum et la douceur de l’air. 

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4 Commentaires (+ vous participez ?)

  1. BeB
    Avr 09, 2013 @ 08:21:10

    Ta belle écriture poétique me fait retrouver une phrase d’Edgar Faure, citée cette semaine par une femme qui a sans doute vécu à son époque.
    Quelqu’un, plus jeune qu’elle, a dit ne pas être d’accord – son l’impression de vivre au présent l’emportant, comme pour beaucoup de nos contemporains.
    « On ne vit en fait que pour quelques instants intenses et privilégiés, le reste du temps on attend ces moments-là. ».
    Proust aurait pu commenter avec  » le reste du temps, on se souvient… »
    Tes lecteurs devaient attendre l’instant de te retrouver sur ton blog, après la « bataille » (pompante… ) relatée dans ton dernier fragment. Te voilà de retour !

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  2. samantdi
    Avr 09, 2013 @ 10:08:23

    J’aime lire tes billets, je ne te le dis pas assez… Tu m’inspires souvent l’envie de rebondir, d’écrire en écho, bien que je ne prenne pas souvent le temps de le faire !
    Vivement cette semaine où l’odeur des tilleuls nius baignera de sa douceur.

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  3. eleonortrois
    Avr 09, 2013 @ 20:39:37

    Avec mon amie Selma, quand c’est l’été et qu’on se prélasse au bord de la piscine, il arrive qu’elle dise « et dire que dans trois mois on attendra le bus sous la pluie Gare Saint-Lazare », ce à quoi je réponds toujours « oui mais quand ça arrivera tu repenseras à cette conversation ! », je pratique beaucoup ces aller-retours dans le temps.
    Mais tes mots sont en plus très doux, un rien « modianesques » dans leur nostalgie esquissée…

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  4. seringat
    Avr 10, 2013 @ 14:03:55

    Merci pour vos mots. Moi aussi je vous lis avec plaisir. Beb, ta clairvoyance et ton carnet de mots et d’idées m’impressionnent toujours. Samandti, tu as ouvert la voie, une voie d’écriture que j’aime lire. Eleonor, j’imagine que tu as une sensibilité particulière pour ressentir les choses et les écrire.

    Réponse

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