La brioche, Chardin (1763)

Puisque le quotidien est gris fade, je continue cette promenade au Louvre. Toujours dans le même endroit, on trouve un grand nombre de natures mortes de Chardin. C’est en revenant à la maison,  en repensant aux autoportraits de Rembrandt qui se trouvent quelques salles plus loin, qu’il m’a semblé y voir une similitude. Avec le temps passant, le pinceau du peintre nous montre autre chose. Le coquet, le pimpant s’estompe chez les deux peintres.
Mais c’est une nature morte coquette et pimpante qui a retenu mon regard : « La brioche » et surtout un sucrier en porcelaine à sa gauche.

Manet s’est inspiré de ce tableau. A la place d’une fleur d’oranger, il a piqué une rose blanche. Un siècle sépare les deux tableaux : 1763 pour Chardin, 1870 pour Manet.

Publicités

La marquise de Pompadour, Quentin de la Tour, 1748-55

Ici repose dans un petit recoin carré du Louvre, la délicieuse image de Jeanne-Antoinette Poisson, devenue marquise de Pompadour, favorite de Louis XIV, emportée à l’âge de 43 ans d’une pneumonie.
Quand on la voit, il n’y a pas grand chose à dire. Elle est tout simplement magnifique dans sa robe, avec ses gracieux souliers. On pourrait en rester là, mais le cartouche du tableau rappelle qu’elle fut l’amie et la défenseure des philosophes. Ainsi elle s’est faite peindre avec plusieurs ouvrages dont l’Henriade de Voltaire, l’Esprit des Lois de Montesquieu. On voit également une planche de l’Encyclopédie qui tombe négligemment de la table.

Le déjeuner, François Boucher (1739)

Midi dix. Le café chaud fume encore. Une petite fille, appuyée sur un banc, les joues bien roses, est en train de parler. Deux personnages la regardent et l’écoutent. La main de la jeune femme entoure délicatement la tasse qui doit être encore très chaude. L’homme tient une cafetière en argent posée sur un linge blanc. Face à nous, une enfant de dix-huit mois environ, assise sur les genoux d’une dame, nous observe. Une chaussure rouge s’échappe sous la robe marron. Trop occupée à nous regarder, elle reste la bouche fermée face à la cuillère qu’on lui propose.La dame en bleu semble très patiente. Tout respire le calme, la grâce.
Est-ce pour cela qu’un étrange Bouddha pose en tailleur sur l’étagère?

Django Unchained

A la moitié du film, je me suis dit « Ben tu vois, t’aimes bien Tarantino en fait ». Après l’arrivée de Leonardo et de la violence abjecte qui l’accompagne, je me suis dit :« Ben non finalement, Tarantino, c’est pas trop ta tasse de thé ». Il en faut pour tous les goûts.

Je n’ai pas parlé de Lincoln parce que « Bof », ni d’Hernani au Vieux Colombier parce que « Rebof ».

Moment magique

Qui aurait pu m’amener au Louvre à 9h30 un samedi matin après une semaine particulièrement fatigante ? Rien si ce n’est une animation pédagogique intitulée « Danse au Louvre » à laquelle je suis inscrite. Qui aurait pu penser que « Danse au Louvre » ne serait pas qu’une observation de tableaux ou sculptures autour de la danse ?

Contre toute attente, nous voici, au petit matin dans la cour Puget autour de Milon de Crotone, athlète grec en proie à l’attaque du lion, captant le mouvement de torsion et d’enveloppement, puis recréant ce mouvement sous l’œil envieux de groupes de touristes. Maintenant de profil, expérimentant le déplacement contraint des archers sumériens sur les bas-reliefs. Plus loin près d’une vierge à l’enfant en ivoire toute délicate, chacun d’entre nous les yeux fermés, légèrement déhanché s’arrête dans la position de porter un enfant, tableau chorégraphique improvisé. Explorer le mouvement dans les salles les plus calmes du Louvre est une expérience magique.

Difficile de quitter le lieu alors. Partir découvrir les Arts de l’Islam, mais surtout revoir ou voir certains tableaux du deuxième étage de l’aile Richelieu. La peinture française du XVIIIème y repose tranquille, à l’abri. Mme de Pompadour, tout simplement magnifique, peinte par Quentin de Latour se fait admirer. La peinture si vivante de Boucher, des Chardin, le Pierrot interrogateur de Watteau. Il y a des chefs-d’œuvre partout, on ne peut pas faire un pas sans s’arrêter : Delacroix, Corot, Rembrandt, Metsu, Avercamp, Vermeer…

Après ce concentré de beauté, on se sent pousser des ailes et on en a bien besoin pour réussir à rentrer.

Question

C’est peut-être cela la littérature. Lorsque les auteurs nous laissent entrer et chercher dans leur univers. Dans ce mélange où nous tentons de les découvrir et où nous nous découvrons nous-même. Connaissance double, sans contours définis. A l’intérieur d’eux et puis changé à l’intérieur de nous-même.

Aujourd’hui, galimart

Tout à l’heure, je me suis retrouvée assise sur mon lit, le regard fixe et l’esprit immobile. La vache, je crois même que je n’arrive plus à trouver mes mots. Donc presque impossible de le tenir ce galimart. Usée, claquée. Une semaine d’enchaînement de trucs à courir partout, à réclamer des bidules à l’aide de mails, sur fond médical d’appareil dentaire qui se détraque et d’oreilles qui gonflent avec de petits boutons dessus, sans compter un conseil d’école sur les rythmes scolaires qui se termine à pas d’heure… Stop ! Le pire, c’est qu’elle n’est pas finie, il reste encore tout une tripotée de machins.

galimart : galimatias

 

 

 

 

Previous Older Entries