Nouvelle année

C’est comme un village.

Je suis d’abord entrée chez vous. Les uns après les autres.

Les portes étaient ouvertes, les lumières allumées. C’était écrit « Bienvenue ».

Alors j’ai poussé les portes, observé les objets, ouvert les tiroirs.

Vous n’étiez pas là mais j’ai pu m’asseoir, toucher ce qui vous touche, rire, sourire, apprendre.

J’ai aussi construit une maison en écriture. Vous m’y laissez parfois une trace.

Ce 31 décembre, je ne sais pas où vous serez, lecteurs, blogueurs, mais je vous adresse tous mes meilleurs vœux.

Fanny Rayon

Après son passage ou plutôt son massage, je me sens reposée, légère. Les nuages gris n’ont aucun effet, ni les secousses du vent. Tout glisse. Peu importe. Je savoure et respire. Comment expliquer ? Tapez Fanny Rayon dans votre moteur de recherche et vous comprendrez.

A madame Marsollier

Il s’est approché de moi parce que j’étais sa fille. Il a éprouvé le besoin de venir me parler. Sur le coup je n’ai  pas tout de suite compris. Il avait à peu près mon âge, les cheveux bruns, un visage régulier. Il m’a dit :

« C’est ma grand-tante qui m’a raconté l’histoire de votre mère. Elle m’a expliqué qu’elle avait caché une petite fille juive pendant la guerre. Cette histoire m’a toujours fasciné et j’étais très heureux de rencontrer votre maman. »

J’ai senti que cette histoire avait quelque chose d’important pour lui, quelque chose qui était plus important que pour les autres membres de sa famille.

Dans un témoignage écrit de ma mère, je lis que c’est lui qui l’a reconnue à l’enterrement de sa grand-tante, de « maman Suzanne » comme l’appelait ma mère. Il est venu vers elle en lui disant « Je sais qui vous êtes. » et elle lui avait répondu en rigolant « Vous ne pouvez pas me connaître vous avez l’âge de mes filles ». « Si, vous êtes D., la petite fille juive que ma grand-tante a cachée pendant la guerre ». A partir de ces mots, ma mère a eu une sorte de déclic. Elle n’avait pas vécu chez « maman Suzanne » par une sorte de chance heureuse. Non, cette femme savait très clairement ce qu’elle faisait, à quoi elle s’engageait. Cette femme prenait un risque, quelqu’un du village aurait pu la dénoncer.

Ma mère a alors décidé  de constituer un dossier pour lui faire remettre la médaille des Justes parmi les Nations.

Onze ans après sa mort, Madame Marsollier a reçu la médaille des « Justes parmi les Nations » après une cérémonie heureuse qui réunissait nos familles, les habitants du village, un député, un maire et divers représentants. F. est assis à côté des arrières-petits-enfants de Madame Marsollier. A. doit être dans sa poussette. C’est une grande émotion, une grande fête. Les élèves de CM2 et leur enseignant se sont inspirés de cette histoire pour écrire et monter une pièce de théâtre.

Quelles traces restera-t-il à chacun de tout cela ?

Bizarrement le passé n’a pas de fin. Il n’est ni complet, ni linéaire, ni exact.

Dali

On s’était dit que l’on irait voir  Dali, donc on avait réservé une visite. Bilan : réserver pour la première heure ou en nocturne. Sachez que sur le parvis, il y a une queue spéciale pour ceux qui ont leurs billets. Dépose obligatoire des parapluies et sac à dos au vestiaire du RDC (une fois que vous avez les billets, sinon achat des billets avant). Je vous dis tout ça parce que si vous vous pointez vers midi avec des parapluies sans billets, vous pouvez faire 2 bonnes heures de queue (voire plus) avant de rentrer dans l’expo. Je n’aime pas trop Dali et cette exposition ne m’a pas fait changer d’avis. Juste la petite commode Vénus de Milo avec ses mignonnes poignées en fourrure blanche.

Le jeu de l’amour et du hasard

Théâtre plein. C’était la seconde pièce de notre abonnement. Je ne sais pas si c’était la fatigue, où peut être une certaine distance par rapport à la scène mais au bout d’un moment j’ai lutté contre le sommeil. Je n’ai pas été emportée par la mise en scène. A mon goût, un peu trop tirée vers la farce, l’exagération. Certes on rit fort mais toute la finesse a alors disparu. Triste Arlequin, triste Lisette, je les aurais aimés moins ridicules.

Solstice d’hiver

Hier, je suis descendue un peu avant 20 heures au métro Palais Royal. Un peu en avance, j’ai traversé la rue de Rivoli et pris le passage qui mène à la Pyramide. Un homme jouait de la trompette. Par derrière les vitres on voyait les grandes salles éclairées du Louvre avec leurs statues. La musique résonnait particulièrement. Au bout du passage je n’ai pas pu m’empêcher d’être saisie. Le Louvre, dans la nuit tombée, irradiait. Déambuler seule. Observer distraitement. Dans la grande perspective, une roue lumineuse venait interrompre la vue. Revenue sur mes pas, j’ai traversé la place Colette, puis me suis dirigée vers les colonnes de Buren. Derrière les grilles, les jardins du Palais Royal étaient tenus au secret dans l’obscurité. Quelques personnes se promenaient sous les arcades. J’ai fait demi-tour puis vers 20h15 je suis entrée dans le Théâtre éphémère.

Ces quelques moments de promenade dans ce Paris si beau m’avaient remis une petite flamme au coeur.

Eruption géante

Je la rapapillote, la schkroumphigne, l’écraboutille, la scalpandre, la plie, lui souffle dessus et l’éjecte sans retour possible.

Voici sans conteste, ce que j’aurais aimé faire à une mère d’élève qui m’a franchement agacée, stressée et énervée. Heureusement que sa fille est très mignonne.

Je devrais me dire que sur les 26 rendez-vous de ce matin lors de cette remise de livrets, 25 se sont très bien passés.

Mais non, c’est bien mon genre, mon cerveau rumine, fulmine !!! Le coeur s’agite, bat trop vite, la respiration s’embrouille.

 

 

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