C’est la rentrée, déjà septembre

Cela sonne comme les nombreux poèmes que nous avons commencé à faire apprendre à nos élèves.

Et oui, après ce lundi si gris à Paris, où les classes ont retenti des bruits de tables que l’on replace, des cartons déchirés, où nous avons écouté religieusement la grand messe de nos directeurs et directrices, après ce lundi où je me sentais terne et absolument pas prête, vint le jour de la rentrée. 576 élèves, autant de parents ont pénétré la sacrosainte enceinte de l’école. Après 3 pschitts de fleurs de Bach et 5 minutes de cohérence cardiaque (un exercice de respiration), je suis descendue accueillir mes futurs élèves. 27 CE1. Un père m’a demandé « Do you speak english », j’ai répondu « yes ». C’est un américain marié à une japonaise et aucun des deux ne parle le français. Je sentais bien qu’ils avaient une grosse boule dans la gorge, la maman me regardait la tête légèrement penchée avec un sourire doux. Ils sont arrivés l’année dernière  à l’école et leurs fils parle le français grâce au CP et à des cours particuliers.

Bon, nous voilà partis dans l’escalier, mes 27 loustics en rang plus un autre père qui avait l’air très gentil mais dont la fille a fait une grosse crise de larme, genre « Ne me quitte pas ». Le père aurait, lui, bien voulu disparaître sous le bitume de la cour. Il lui disait « Tu ne vas pas me faire une crise maintenant » avec des yeux suppliants, mais si elle lui a fait une méga crise maintenant devant  tous les autres parents, la nouvelle maîtresse et même la directrice. Evidemment dès qu’il est parti, les larmes ont séché mais il a dû passer une bonne journée au bureau.

Une classe, on ne sait jamais à quoi cela va ressembler. J’en ai de trop mignons. Imaginez un dragée rond avec deux petits yeux brillants noirs, encadré de longs cheveux laqués. « Kokoné », elle s’appelle et vient aussi du Japon. Une vraie petite mousse au chocolat blanc et noir. J’ai un Marius (et je ne peux pas m’empêcher d’ajouter dans ma tête, Fanny, César dès que je l’appelle et entendre la voix de Raimu; j’adore cette trilogie et particulièrement le film Marius ». Mais le plus dépaysant fut au coin regroupement. Nous étions assis tous ensemble et chacun racontait ses vacances. Quand il a pris la parole, c’est un ruisseau de Provence qui a envahi la classe, il avait un accent chantant et nous parlait en plus de pêche à l’éperlan en mimant avec les gestes. C’était trop beau, ce rayon de soleil et un autre clin d’oeil à Pagnol. Il savent beaucoup de choses sur les requins, la barrière de corail, les surfeurs qui ressemblent à des tortues…

Enfin, ne rêvons pas trop, il y aura aussi les cas et les pénibles, les soirs où l’on est très fatigué, où l’on en a assez du bruit, d’attendre et de répéter.

Mais bon, ce mardi là j’étais contente. Ma voix commençait à se dérouiller. J’ai pris ma boussole, me suis approchée de mes progressions de français et là  j’ai repéré le premier cap à passer avant la fin septembre.

Allez encore deux jours de mise en route et après on hisse la grand voile.

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7 Commentaires (+ vous participez ?)

  1. ange-etrange
    Sep 05, 2012 @ 14:02:49

    576 élèves, tu es dans une grosse école, fut un temps où nous aussi on dépassait les 500, c’était avant la grande dégringolade et à cette rentrée nous en avons moins de 350…
    Vous accueillez encore les parents dans la cour au CE 1 ?
    Contente de lire que cette rentrée s’est bien passée…

    Réponse

  2. le-gout-des-autres
    Sep 05, 2012 @ 16:54:27

    « C’est un américain marié à une japonaise et aucun des deux ne parlent le français. »
    Euh…

    Réponse

    • seringat
      Sep 05, 2012 @ 20:49:28

      J’aimerais bien en savoir plus mais il va falloir parler anglais avec le papa qui pourrait s’apercevoir que je parle un anglais très peu fiable alors que je suis obligée d’enseigner l’anglais dans ma classe!

      Réponse

      • le-gout-des-autres
        Sep 06, 2012 @ 05:32:54

        aucun étant éminemment singulier, voire moins encore que singulier, l’emploi du pluriel pour « parlent » à un petit quelque chose d’étrange…
        Non ?
        (je sais, je suis un emmerdeur.)
        Tu enseignes l’anglais à quelle classe ?
        L’anglais dit « anglais d’aéroport » à des CE1 ou CE2, ça va, après, ça risque plutôt de les handicaper sévèrement. Mais bon, les voies de l’EN semblent plus impénétrables que celles du Seigneur…

  3. Bernard Pivot
    Sep 06, 2012 @ 22:08:01

    Le pluriel est également admis.

    « Aucun » qui accompagne plusieurs sujets dans une phrase entraîne un accord du verbe au singulier, mais le pluriel est aussi admis :

    – Aucun lion, aucun tigre n’est plus dangereux que le léopard. (Singulier).
    – Aucun homme, aucune femme ne devraient être repoussés. (Pluriel).

    source : http://www.aidenet.eu/h_aucun.htm

    Réponse

  4. le-gout-des-autres
    Sep 07, 2012 @ 05:51:15

    Excusez moi, je peaufine.
    En tournant les deux phrases différemment mais de façon à en garder la structure ça donnerait ça:
    Ni cet homme ni cette femme ne devraient être repoussés.
    Des deux, pas un ne parle français.

    Bon, c’était juste pour mettre de l’animation. Hé hé hé…

    Réponse

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