Sans titre

Ma grand-mère m’a toujours parlé de cela avec réticence. Quand j’ai lu Les Disparus de Daniel Mendelsohn, j’ai enfin compris pourquoi. Ils étaient vivants, les autres étaient morts. Ce qu’ils avaient fait pour eux et qui avaient raté, ce qu’ils auraient pu faire pour eux, ce qu’ils auraient dû faire pour eux, voilà ce qui les habitaient. Après la peur, c’est bien la culpabilité qui les a rongés. Si je la questionnais, au bout d’un moment, elle me disait d’une voix douloureuse : »Ah quoi bon remuer le passé ». Eux vivaient en serrant les dents.

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1 commentaire (+ vous participez ?)

  1. BeB.
    Sep 04, 2012 @ 21:03:50

    Ils ont mis tant de leurs forces de vie pour vider de sa vie le souvenir d’une vie qui n’était vraiment pas une vie pour pouvoir vivre après – un après pas facile à vivre évidemment. Et voilà que la génération d’après, à qui ils ont donné la vie, leur demande de retrouver leur vie désormais sans vie, et de lui insufler à nouveau de la vie car, pour elle, c’est vital de savoir ce qu’il y eut avant sa vie. Trop difficile pour certains d’entre eux. Impossible pour beaucoup.
    Pour chacune des deux générations : un mouvement qui va dans un sens opposé et une question différente…. Heureusement, pour la seconde génération, les oeuvres sont là pour aider à cheminer, pour trouver des correspondances, voire des similitudes, pour imaginer quelque chose dans le vide transmis même s’ils n’ont pas pensé que c’en serait un…

    Réponse

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