En bref

Aujourd’hui j’ai ouvert la boîte aux lettres et j’ai trouvé une offre avec un slogan osé : c’était une offre d’abonnement au Figaro et le slogan était « Elargissez votre quotidien ».  Ils n’ont pas peur.

Ensuite (et sans transition), je me suis lancée dans le dévissage du siphon d’un lavabo parce que l’eau ne s’écoulait pas bien. Conclusion, l’eau ne s’écoule pas mieux et depuis que j’ai remis le siphon, il fuit.

Ensuite, j’ai ouvert mon mail et là il y avait un mail de la directrice d’école et cela m’a rappelé que bientôt quand j’ouvrirai ma boîte, il y aura plein de mails de la directrice. Pourtant je n’ai rien contre ma directrice.

Il y avait aussi un mail du syndic et cela m’a rappelé que bientôt j’aurai plein de mails du conseil syndical. Je me suis plongée dans l’arrêté du 11 novembre 2004 pour la mise en conformité des ascenseurs et sur le kit de négociation fait par l’UFC Que choisir. Parce que la facture de la mise en conformité, c’est pas de la gnognote. Que c’était ennuyeux comme lecture.

Ensuite…. Il n’y aura pas d’ensuite.

Je regarde ma sauge avec ses boutons de fleurs fuchsia, je pense aux caresses matinales sur son feuillage et l’odeur inattendue de la menthe, je regarde le ciel.

Deux photos  si j’arrive à les mettre.

un chaton croate

la sauge

Et la vie reprend son cours.

Je suis allée chercher « avaleur de steak » gare de Lyon. Il est descendu du train avec un petit air hagard, genre le retour des astronautes après 10 jours dans un autre monde. « Coucou, c’est moi , ta maman ». D’autres astronautes les yeux cernés semblaient vouloir ralentir les flots des mères qui leur faisaient des gros bisous avec un sourire aux lèvres. « Avaleur de steak » était affamé, on est passé par la case macaron au café et Pepsi et puis direction la gare d’Austerlitz. Rue de Bercy, le pont général de Gaulle. Une pluie battante nous a enveloppés de froid. De loin la fumée des usines d’Ivry, le métro aérien traversait la Seine et filait vers Bercy. Sur la grande plateforme des RER C, nous en avons pris un en espérant que ce soit le bon et puis nous sommes arrivés. « Tu te souviens de ton quartier d’enfance », lui ai-je demandé. Les rues, notre école, l’ascenseur, le lit. Il s’est écroulé. Un Ipad à la main. A pris des nouvelles du monde. Un bain. Son père a voulu lui poser des questions. J’ai compris qu’il fallait que je fasse quelque chose. « Pose les questions à moi si tu veux »   et j’ai fait les réponses  : «  »ouais….ouais….ouais….. » C’est fou les informations riches que l’on peut tirer de son enfant parfois. Je lui ai demandé « pâte ou riz », il m’a répondu « pâte », je lui ai demandé « macaroni ou gansette », il m’a répondu « les plus rapide à cuire ».  Voilà, la vie a repris son cours. L’été s’éloigne. Nous sommes tous réunis à nouveau.

Madame Solario

Cela aurait dû être le thème de cet article mais en fait, après consultation de quelques avis de spectateurs, j’ai eu un mauvais pressentiment, j’aime tellement ces films « british », que j’ai craint d’aller voir un navet torturé nappé de sauce à la menthe. Et donc, au cinéma l’Arlequin, j’ai bifurqué pour aller voir : La vierge, les coptes et moi. Dans le métro, l’affiche du film m’avait interrogée, qu’est-ce que pouvait être bien ce truc?  Et bien ce truc, c’est quelque chose de frais et de réjouissant. Je ne vous en dirai pas plus, allez le voir.

Ensuite, descendre la rue de Rennes, passer carrefour Croix-rouge, faire du lèche vitrine, déguster un sorbet chocolat à la Maison du chocolat.

Les stores

C’est ma troisième rentrée dans cette école, après 10 ans passés dans l’école d’avant. Une grande et belle classe, lumineuse, le rêve, surtout quand on a connu des caves successives. Une belle hauteur de plafond et de grandes, très grandes fenêtres, côté Sud et côté Nord. Des stores pourris à lamelles menaçaient de s’effondrer côté Nord. Côté Sud, il y avaient des stores gris filtrants à l’extérieur. Ceux là étaient bien descendus. Sur le mur, une petite mention était affichée: « Ne pas toucher aux stores ». Je n’ai pas bien compris tout de suite l’intérêt de cette mention jusqu’au jour où j’ai retrouvé ces stores à moitié descendus. Impossible de les descendre complètement. « Ils ont dû faire les vitres pendant les vacances », m’a dit l’agent d’accueil. Et là ce fut l’enfer pour mes élèves, outre la chaleur, le soleil se réverbérait dans leurs yeux et les gênaient considérablement. Il a fallu que la mairie intervienne pour décoincer les stores, qui étaient impossibles à réparer, qui se sont cassés encore une fois, et la mairie est revenue, et puis en fin ad’année j’ai obtenu leur accord pour me changer ces stores. Qu’est-ce que j’étais contente!  Les vacances passent, je reviens dans ma classe et là ‘ »oh surprise, des stores à lamelles tout neuf côté nord  et côté sud….. RIEN, plus RIEN du tout. Je cours voir l’agent d’accueil qui se renseigne auprès de la mairie et là,  restez bien accroché, voici leur réponse, ils avaient enlevé les anciens stores, fait un devis pour de nouveaux, mais comme c’était trop cher, ils pouvaient pas acheter de nouveaux stores. Là dessus, Basta, j’ai eu beau réclamer, supplier  :  trop chers, le budget est clos, tu fais avec ce que tu as, s’en foutent. Je les aurais tués. C’était pas possible. Et donc, rentrée avec mes petits CP, qui commencent à rougir, à suer, à se tortiller, à ciller, à mettre la main devant les yeux pour voir le tableau… l’enfer. Heureusement, c’était compter sans ma bonne étoile, à savoir la météo le jour de la réunion de parents. Il faisait un temps magnifique,  à 9h, j’ai vu ce ciel bleu sans concession à travers les fenêtres sud et après avoir décroché les dérisoires posters qui cachaient la misère, je me suis dit « gnarf, gnarf, gnarf!!!  ça n’a pas loupé, au bout d’une demi-heure de réunion, j’ai vu mes parents d’élèves, s’agiter, visiblement très gênés, certains ont mis leurs lunettes de soleil. Les adultes sont beaucoup moins patients que les enfants. Au bout de 3/4h, ils étaient chauffés à blanc.

– Ma fille m’a dit être gênée par le soleil , et je comprends maintenant.

– La réverbération est aveuglante.

– Il fait au moins 40° (et encore, il n’est que 10 heures ai-je ajouté sur un ton pathétique.)

– C’est pas possible !

Je leur ai raconté l’histoire des stores et ma fin de non recevoir.

– Qu’est-ce qu’on peut faire?

– Je suis représentante des parents d’élèves.

– Vous pensez qu’en appelant la mairie?

La réunion était le samedi. Le mardi suivant, j’avais deux ouvriers de la mairie qui étaient dans ma classe. « Il y a des parents qui se sont plaints », m’ont-ils dit. « Ah ouais? » ai-je répondu sur un ton ingénu. Ils ont pris les stores du côté Nord et ils les ont mis côté Sud. ça a pas coûté cher!!!

Conclusion : mes stores à lamelles blanches super fragiles, ils ont beau être beaucoup moins bien que les précédents, j’y tiens farouchement. C’est pas un écriteau que j’ai mis, mais au moins quatre : Ne pas toucher aux stores (avec des points d’exclamation partout, au début j’avais mis des têtes de mort mais à la rentrée suivante mes CP z’ont trouvé ça un peu strange ). SVP ne toucher pas aux stores nous en avons vraiment besoin (illustré avec des coeurs).

Voilà l’histoire des stores…

La belle endormie

J’ai voulu y retourner pour ne plus y revenir ensuite jusqu’à la pré rentrée. La grande école était vide. Seuls des ouvriers s’activaient pour terminer les travaux. « C’est pas fini » m’a dit l’agent d’accueil un peu inquiet. J’ai traversé les couloirs, découvert les paillassons à boules antidérapantes qui ont été fixés un peu partout, j’imaginais déjà le déluge de commentaire. La belle endormie sommeillait. Descendre les stores des grandes fenêtres sud, allumer l’ordinateur, l’écran, l’imprimante. Tout marche, sauf le réseau, c’est déjà pas trop mal. Les gens du ménage ont été extraordinaires, je crois que c’est la première année, où je retrouve tout à sa place. Pas besoin de courir à la recherche de ses bancs, tables, chaises. La trousse sur le bureau, le cahier journal, sa liste d’élèves, les divers lutins, etc… Aucune livraison n’avait été faite, alors tant pis et tant mieux je porterai plus tard les kilos de cahiers et de matériel divers. Voilà, je t’ai laissée à peine éveillée, te rendormir encore. A bientôt, ma classe.

Un parc

Dans le parc, ni solitaire, ni glacé, je me suis hier allongée. L’après midi, le ciel était bleu sans nuage. J’aime bien ce vaste parc, méconnu. Rempli d’installations sportives, terrains de Tennis, stade de course, terrains de foot et de rugby, il fait l’économie de la beauté, du désir de plaire. Bien sûr, il se remplit largement à l’heure du déjeuner par tous les travailleurs des entreprises avoisinantes et le week-end aussi, les familles, les enfants. On y apprend à faire du vélo, du roller. Sur les talus, des giroflées, des coquelicots, des jonquilles rythment les saisons. Plein d’arbustes aussi, lilas, seringats, et tant d’autres dont j’ignore le nom. Ils ont coupé les branches d’un pin où les enfants aimaientgrimper. En semaine, ce parc est particulièrement tranquille, alors s’y poser à l’ombre, un peu à l’écart, sentir le sol dur et vivant, regarder le bleu du ciel se dessiner dans les feuillages, écouter le bruit du vent.

Trop fortes

Dans la cuisine, il y a quelques jours, j’ai constaté deux faits nouveaux :

1/A. pouvait débarrasser le lave-vaisselle d’une main et lire son manga d’une autre.

2/ Je bloggais en farinant les filets de poisson et en les faisant cuire.

C’est pas beau la libération de la femme!

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