Premières photos

Voici le lieu du délit de mousse au chocolat. Mes plants de tomate cerise. Après un début d’été pourri, je ne pensais pas voir poindre le bout du museau d’une tomate. Et puis comme un miracle, elles sont arrivées.

En apesanteur

C’est à la fois tout simple à écrire, dérisoire mais tellement délicieux. Cette mousse au chocolat noir savourée sur le balcon à 22h. Il fait encore jour, les hirondelles chassent, la ville est paisible. Il fait bon. C’est bon.

Aujourd’hui en revenant de la médiathèque, j’ai croisé une ancienne élève que j’ai eu en CE2, il y a 12 ans, ma première année d’enseignement. Une petite pestouille, distillant le fiel sur des zigotos fragiles qui voulaient ensuite étrangler la malheureuse, faisant des clans, des bla-bla sur les copines, le tout sur un fond bien sirupeux de » je suis une petite fille modèle ».

J’ai toujours un moment d’hésitation quand je revois mes premiers élèves. Si, c’est bien elle, cette pulpeuse jeune femme se déhanchant finement sur des hauts-talons. Gracieuse, dansante avec de jolis yeux mutins. Visiblement elle a envie de me saluer et me dit un gentil « bonjour ». Elle doit avoir 19 ou 20 ans. Je la revois dans la cour avec des nattes qu’elle roulait en macarons autour des oreilles. Aujourd’hui c’est une magnifique jeune femme.

Le temps passe.

Marcher derrière

Marcher derrière. Je m’y suis habituée maintenant. Ses parents marchaient ainsi. Le père maugréant. La mère filait droit devant.

La culotte

Je les ai croisés à deux reprises cette dernière semaine. Les parents de E. D’abord le père puis la mère à l’Intermarché. E fait profil bas. E c’est un petit bout de chou pas trop latéralisé, un grand bébé un peu fou fou, loin d’être idiot mais qui a un retard important. Pour E, le petit de la brebis, c’est le brebiton et le métier de menuisier c’est fabricant de menus. Il a beaucoup progressé et puis ce dernier trimestre ça été la dégringolade. Il flippe un peu quand il me voit. Une maîtresse encore vivante et lâchée dans les rues de la ville pendant les vacances, cela l’inquiète… Mais E c’est aussi la culotte… Fin de cours d’EPS, je discute avec M. notre prof de sport quand on entend la petite voix acidulée de E : « c’est quoi, cà? ». Au bout de son bras tendu oscille ce qui m’apparaît être une culotte froufroutante de femme. « C’est un string », me dit médusé M. D’un coup, je happe l’objet qui commence à attirer les regards des autres élèves. « D’où ça vient? » « C’était dans mon sac de sport » répond E. J’en reste scotchée. Après analyse de l’objet, celui-ci s’avère être une  culotte en dentelle violette. Comme je voyais prochainement sa mère en rendez-vous, j’ai d’abord pensé la lui rendre. Et puis je me suis demandée : « Et si cela n’était pas sa culotte? » Peut-être la rendre au père?  Rendre la culotte ou ne pas rendre la culotte?Finalement, j’ai jeté cette culotte. Tant pis. Voilà l’histoire de la culotte. Voilà l’objet auquel je pense lorsque je croise les parents de E dans la rue et qu’ils me saluent gentiment.

Mai

Le mai le joli mai en barque sur le Rhin

Des dames regardaient du haut de la montagne

Vous êtes si jolies mais la barque s’éloigne

Qui donc a fait pleurer les saules riverains

 

Or des vergers fleuris se figeaient en arrière

Les pétales tombés des cerisier de mai

Sont les ongles de celle que j’ai tant aimée

Les pétales flétris sont comme ses paupières

 

Sur le chemin du bord du fleuve lentement

Un ours un singe un chien menés par des tziganes

Suivaient une roulotte traînée par un âne

Tandis que s’éloignait dans les vignes rhénanes

Sur un fifre lointain un air de régiment

 

Le mai le joli mai a paré les ruines

De lierre de vigne vierge et de rosiers

Le vent du Rhin secoue sur le bord les osiers

Et les roseaux jaseurs et les fleurs nues des vignes

 

Apollinaire

 

Nuit rhénane

Mon verre est plein d’un vin trembleur comme une flamme

Ecoutez la chanson lente d’un batelier

Qui raconte avoir vu sous la lune sept femmes

Tordre leurs cheveux verts et longs jusqu’à leurs pieds

Debout chantez plus haut en dansant une ronde

Que je n’entende plus le chant du batelier

Et mettez près de moi toutes les filles blondes

Au regard immobile aux nattes repliées

Le Rhin le Rhin est ivre où les vignes se mirent

Tout l’or des nuits tombe en tremblant s’y refléter

La voix chante toujours à en râle-mourir

Ces fées aux cheveux verts qui incantent l’été

Mon verre s’est brisé comme un éclat de rire

Apollinaire

Samedi 20 à 11h dans les rues de la ville. J’ai cru qu’il était plus tôt. Les bruits n’étaient plus les mêmes. La grande ville et ses banlieues attenantes se vident. Le volume avait diminué et l’air ambiant était moins pressé, moins nerveux. Dimanche Le Tour de France arrive, c’est toute une partie du temps de l’été qui s’achève. Juin mangé, Juillet mangé, certains mois sont plus faciles que d’autres. Sans ces grandes chaleurs, Paris était tout à fait supportable. J’ai pu cueillir les premières tomates cerise sur le balcon sud.

Par besoin de défricher, j’ai commencé la lecture de La chartreuse de Parme. Bien sûr, j’avais lu le Rouge et le Noir (souvenir lointain voire absent) et donc il manquait ce gros pavé en format poche au titre charmeur.  Est-il lu encore et par qui? Le bibliothécaire me l’a sorti de la réserve. Des lyçéens, des étudiants en lettres? Il faut s’accrocher car une fois passé les déboires de notre ado épris de Napoléon et protégé par toutes les dames qui le rencontrent, nous faisons alors vraiment la connaissance de la duchesse de Parme, du comte Mosca et de toutes ces intrigues italiennes. Enfin l’envie et la curiosité de poursuivre,

Je relis également Alcools d’Apollinaire. J’aime ce recueil. Quelques poème dans Citations.

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